Chloé Dosse – Coach et Consultante en recrutement chez Serendip

Bonjour et merci d’avoir accepté cet entretien pour parler de deux environnements phares de la santé, l’industrie pharmaceutique et le dispositif médical.

Dans un premier temps, pourriez-vous svp vous présenter ainsi que votre parcours ?

Bonjour, Chloé Dosse, j’ai 15 ans d’expérience dans les Ressources Humaines, essentiellement au sein de l’industrie pharmaceutique et la Medtech. J’ai travaillé 8 ans au sein d’Amgen, entreprise pionnière des biotechnologies médicales dans les maladies graves (comme l’oncologie et la néphrologie) ; j’y ai eu diverses missions, notamment sur la diversité, le handicap, la formation et développement, l’innovation RH et occupé plusieurs postes de Responsable RH et Responsable Recrutement. J’ai également travaillé chez Johnson & Johnson pendant un an (Santé Beauté France).

J’ai eu envie de sortir de l’industrie pharmaceutique pour découvrir un autre secteur en tant que RH, j’ai intégré SoftBank Robotics (technologie hardware et software), avant de rejoindre PerfectStay, startup dans le tourisme pendant 3 ans ; cela a été très enrichissant car j’accompagnais alors une jeune entreprise en croissance suite à une grosse levée de fonds, où nous sommes passés de 20 à 200 collaborateurs. En 2020, le secteur du tourisme a évidemment été très touché donc nous sommes rentrés dans une période de gestion de chômage partiel et de PSE. A la fin de ce dernier en 2021, j’ai intégré ZEISS en tant que DRH de la SCC, filiale de vente et services de ZEISS en France, sur la partie microscopie, métrologie industrielle et technologie médicale (spécialisée dans le développement d’équipements de pointe pour la chirurgie ophtalmique, neurochirurgie, la dentisterie, l’oncologie, l’ORL ainsi que l’imagerie médicale). J’ai donc à la fois eu l’opportunité de travailler dans le médicament et le dispositif médical.

J’ai entre-temps été certifiée Coach au sein de l’école Transformance, avec une envie de changement, et plus particulièrement d’accompagner une pluralité de profils, d’organisations et d’entreprises avec un œil plus libre et impartial. J’ai donc rejoint l’équipe Serendip qui me permet aujourd’hui d’opérer cette transformation, en tant que Coach et Consultante en recrutement.

Vous avez eu dans votre carrière l’opportunité de travailler dans ces deux secteurs de la santé ; créer un pont entre les deux, est-ce si simple ?

Oui, c’est tout à fait possible. Il y a cependant des enjeux différents. Ayant eu la chance de travailler dans ces deux secteurs, je peux dire d’une part que l’industrie pharmaceutique requiert une grande expertise scientifique, des cycles plus longs avec l’ensemble du cycle de vie d’un médicament, de la conception au développement, à la production et à la surveillance et la commercialisation après la mise sur le marché qui nécessite des métiers spécifiques comme l’accès au marché, l’épidémiologie, ou encore les affaires publiques. D’autre part, on a dans le dispositif médical une expertise plus technique. On retrouve des métiers experts, tels que les ingénieurs d’application ou les services après-vente, métiers que nous ne retrouvons pas dans le médicament. Il est tout de même possible de faire le pont entre les deux avec une bonne dose de curiosité et d’adaptabilité. Nous retrouvons dans ces deux secteurs des parcours de formations solides pour accompagner les collaborateurs. L’aspect règlementaire est par ailleurs très présent à la fois dans le médicament et la Medtech (compliance, qualité, pharmacovigilance/matériovigilance…), comme beaucoup d’autres fonctions transverses (finance, marketing, RH, etc.).

Selon vous, les compétences nécessaires à l’un sont-elles transposables dans l’autre ? Comment peuvent-elles s’articuler sur le terrain, et se servir mutuellement ?

Sur le terrain, j’ai vu des personnes passer par exemple de la visite médicale (délégué ville, hospitalier) à la Medtech, et inversement. Ils ont réussi avec agilité, avec des compétences sur la relation client, la communication, le développement commercial et la gestion de projets complexes que nous pouvons retrouver dans les deux secteurs. En tant que RH, j’ai vu beaucoup de ponts se faire, et je dirais même qu’un œil neuf apporté à l’un ou à l’autre de ces secteurs est toujours très bénéfique. C’est un réel avantage que d’avoir une vue panoramique sur toute l’industrie de santé, et cela, peu importe la fonction.

Un manager de l’industrie de santé est essentiellement recruté pour ses compétences managériales, ses softskills et son potentiel plus que sa connaissance marché et/ou produit. Nous n’attendons pas de lui qu’il ait dès son arrivée l’expertise du secteur ; son rôle est essentiellement de coacher, d’accompagner et de développer son équipe. Il est aussi important dans les RH de montrer aux collaborateurs que l’évolution n’est pas que managériale ; elle peut également être la voie de l’expertise. J’ai eu des profils qui ne souhaitaient pas manager, et c’est notre rôle de leur donner les clés pour évoluer autrement au sein d’une même entreprise. Tout est transposable, du DM à la pharma et inversement, de même que le digital, l’intelligence artificielle, etc. ; les métiers où j’ai plus rarement vu de ponts sont ceux spécifiques à l’industrie pharmaceutique (accès au marché ou encore médecin régional), mais parce qu’ils nécessitent une exigence scientifique que l’on ne retrouve pas forcément dans le dispositif médical. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas également des exigences de cet ordre-là dans la Medtech, mais comme les enjeux y sont différents, ces fonctions-là sont plus difficilement transférables.  

Quels conseils donneriez-vous à une personne qui souhaiterait passer de l’un à l’autre ?

Je dirais que tout est possible ! Plus sérieusement, je pense que l’on peut passer de l’un à l’autre, quelle que soit la fonction, à partir du moment où il y a un bon accompagnement à l’intégration et des formations prévues. Si la courbe d’apprentissage est rendue possible, et si le profil est adaptable, alors ce pont est faisable. On se parle aujourd’hui du médicament et de la Medtech, mais c’est également valable pour toutes les organisations qui gravitent autour de la santé : Alan, Doctolib, entreprises du homecare, etc. Derrière tous ces secteurs, il y a un objectif et une mission assez noble qu’est le patient. A partir du moment où il y a cette motivation commune, alors il faut oser tenter !  

Peut-on tout faire dans la santé quand on a expérimenté ces deux secteurs ?

Je suis tentée de dire oui quand on est capable de comprendre plusieurs langages d’un secteur qui a tendance à se spécialiser, mais il faut toujours continuer d’être curieux et se former, car la santé est un milieu qui évolue vite (nouvelles thérapies, IA, data, etc.). Que l’on change ou pas de secteur, il est crucial de rester en veille pour être capable d’affronter les enjeux de demain. En tant que RH, j’ai été témoin de passerelles qui prouvent que presque tout est possible : des collaborateurs qui passent de la finance aux ressources humaines, du réglementaire au terrain en devenant attaché scientifique puis directeur régional par exemple. Et je miserais beaucoup plus sur les softskills que sur les hardskills qui peuvent s’acquérir avec l’expérience. Le contexte actuel va dans ce sens : le manager doit gérer l’incertitude, naviguer dans la complexité tout en arbitrant, gérer et développer ses équipes avec beaucoup d’intelligence émotionnelle, et être capable de donner du sens sont des compétences essentielles dans un secteur en constante évolution.

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