Dans un premier temps, pourriez-vous vous présenter ainsi que votre parcours ?
Je suis Emmanuel Deschamps et j’exerce dans les industries de la santé depuis 30 ans. J’ai passé 10 ans dans l’industrie pharmaceutique avant de poursuivre dans la Medtech pendant 15 ans ; j’ai occupé des fonctions de directions commerciales puis de dirigeant de filiales et de régions pour des multinationales.
J’ai siégé au conseil d’administration du SNITEM que j’ai représenté au sein de conseils d’administration et de commissions de travail pour la stratégie de filière.
Depuis 5 ans, je travaille à mon compte pour aider des entreprises étrangères de Medtech et de e-santé à s’implanter en France en les guidant dans leur stratégie de remboursement et dans leur démarrage commercial. Je modère le chapitre français du réseau international des Healthcare Shapers, et j’accompagne pro bono quelques CEO de start-ups. Je participe, en tant qu’expert, à certains jurys d’auditions des appels à projets opérés par BPI France.
Quelle définition donneriez-vous à l’exercice du mentorat ? Quelles en sont les « modalités » ?
L’image du mentor qui me vient à l’esprit est celle de l’ange gardien. Le mentorat permet de bénéficier d’un interlocuteur discret et réactif qui écoute sincèrement et conseille sans concession, dans une optique de protection contre des décisions trop rapides ou sous influence de biais cognitifs. Cela se traduit par un entretien mensuel de 2 heures sur des sujets liés à la stratégie, la gouvernance, le leadership et l’excellence opérationnelle. Je reste à l’écoute 24/7 pour des appels concernant des situations aiguës, urgentes ou atypiques. Au terme du troisième mois, nous faisons un bilan pour décider ou non de poursuivre.
Pour préserver une stricte confidentialité, je ne prends aucune note, je n’envoie aucun compte-rendu et je n’ai aucun contact avec d’autres membres de l’entreprise (y compris le n+1). L’entretien mensuel se déroule en dehors du lieu de travail ; les discussions en marchant sont souvent les plus prolifiques !
Selon vous, quels sont tous les avantages à bénéficier du mentorat lors d’une prise de poste ?
Le mentorat permet de diminuer la solitude et la vulnérabilité face à des situations, des interrogations et des décisions critiques pour lesquelles on ne se sent pas à l’aise pour en parler à son n+1, à son équipe, à ses pairs, au sein du comité directeur… Les échanges avec le mentor permettent de mettre en lumière des scénarios et des options, avec un état d’esprit de protection et d’aide à nourrir la continuité et la cohérence.
Il me semble que deux profils de cadre-dirigeant peuvent bénéficier avec succès d’un mentor : le/la dirigeant(e) de filiale notamment lors d’une prise de poste et le/la DRH dont on sait que cette fonction tend à isoler ou à s’oublier au profit des salariés.
Que diriez-vous a une personne réticente à l’idée d’avoir recours au mentorat ?
Il me semble qu’il y a trois motifs potentiels de réticence. En ai-je vraiment besoin ? Un ex-cadre dirigeant en exercice, aguerri dans les industries de santé qui aime aider sincèrement, est un atout supplémentaire pour réussir face au risque de vulnérabilité, de solitude et d’incertitude. Cela va-t-il fonctionner ? Au terme des 3 premiers mois, la relation de confiance avec les premiers bénéfices permet d’être évaluée par chacun. J’en ai envie, mais comment le « vendre » à mon n+1 ? Il faudra argumenter sur la complexité de la fonction qui nécessite un avis extérieur sans émotion, sur l’utilité de discerner les options les moins risquées et sur le besoin d’échanger librement et sans biais hiérarchique sur des sujets sensibles. Enfin, solliciter le recours à un mentor peut aussi faire partie des demandes légitimes à formuler pour concrétiser un plan de développement personnel en tant que cadre dirigeant.
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