Le « covidien » de Christine Orcil – Gardienne d’immeuble

Christine Orcil, gardienne d’immeuble : « Je ne suis pas là pour compter les heures »

C’est bien simple, Christine Orcil est toujours disponible. Et encore plus depuis un mois et demi.  Elle est gardienne d’immeuble dans le Val-de-Marne où une quarantaine de résidents sont installés – « c’est un peu la maison de retraite » dit-elle tout sourire, pour décrire les nombreuses personnes âgées qui l’entourent. Voilà trois ans qu’elle habite la petite loge qui lui est réservée au rez-de-chaussée. « Je préfère être là que de travailler dans la restauration » promet-elle. Depuis le confinement, la gardienne avoue travailler plus mais elle préfère rassurer : « je ne suis pas là pour compter les heures. » La majorité de son travail consiste à nettoyer les parties communes. Depuis le confinement, elle ne laisse rien passer : « je désinfecte tout ce que je peux : poignées, boutons, portes. » Un rituel qu’elle effectue trois fois par jour. 

Mais surtout elle est désormais le seul lien avec l’extérieur pour un grand nombre d’habitants de l’immeuble. « On me demande d’aller faire des courses, de passer à la pharmacie… et puis ils n’ont pas envie de manger tous au même moment donc je sors deux à trois fois par jour pour satisfaire tout le monde ». « Rendre service », voilà la nouvelle activité de la gardienne, « tant qu’ils restent en vie, moi je suis contente. » Sortir plusieurs fois par jour, pas de problème pour Christine : « j’interdis seulement à mon mari de sortir, comme ça on limite les risques. » Et ses résidents savent lui rendre « j’ai eu des masques et des gants grâce aux gens qui passent ici, il y a une vraie solidarité. » Quand elle n’est pas dehors en train de remplir les caddies, elle accueille les livreurs et autres visiteurs : « il y en a moins qu’avant c’est sûr » confesse-t-elle. Ici, beaucoup de résidents sont seuls et âgés alors quand Christine passe le balai dans les étages, des têtes passent le pas de la porte, pour saluer : « on vient me dire bonjour, on discute, c’est un bon moment » explique Christine.

Depuis le confinement, elle a l’impression de s’être rapprochée des gens « d’être vraiment utile. » Mais quand même elle s’interroge. Depuis sa fenêtre, entre les grands rosiers qui dessinent le jardin, elle peut voir la rue. Une rue quasiment vide, enfin presque « quand je vois les jeunes se réunir je me demande pourquoi ils sont là plutôt que d’aller rendre service à leurs grands-parents. »

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