Franck Zinzindohoue, chirurgien : « j’ai reprogrammé 85% des mes interventions »
Des journées opératoires qui sont devenues « comme peau de chagrin ». Franck Zinzindouhe est chirurgien viscéral et digestif à l’hôpital privé Drôme-Ardèche. D’habitude, il passe au moins deux jours par semaine au bloc opératoire. L’une de ses activités principales, c’est la cancérologie, « à 60% » indique-t-il, avant de préciser « je ne termine jamais avant 20h ». Le reste du temps, il s’organise entre ses tâches administratives et la consultation de patients. Mais depuis l’arrivée du virus Covid-19, le chirurgien a dû revoir ses priorités.
Dans un premier temps, Franck a été obligé de reporter ses interventions : « massivement, près de 85% ». Un tri qu’il effectue en fonction de l’urgence des patients et des disponibilités de l’hôpital. Pourtant, certains insistent :
« j’ai un patient âgé, il a bien compris qu’on allait vivre avec le virus encore un bout de temps. Il a argumenté que si ça durait encore, lui, il voulait seulement s’occuper de son jardin sans souffrir ».
Mais même cet argument ne parvient pas à attendrir le chirurgien. L’essentiel de son travail est de coordonner la filière Covid de l’hôpital : « je participe au soins des patients Covid-19 et quand je n’y suis pas, je participe aux astreintes et aux systèmes de garde » explique-t-il. Les premiers jours, « c’était vraiment à flux tendu », mais le médecin l’assure « nous étions préparés ». Depuis quelques jours, il concède une présence des patients plus faible : « Ça fait 10 jours qu’on fait du présentiel, il y a moins de tâches à faire ». Au quotidien, le médecin trouve les gens « plus inquiets, ils osent moins venir à l’hôpital parce qu’ils ont peur de choper le virus ». Mais surtout les « urgences » semblent se réduire : « Bizarrement on voit moins d’appendicites aux urgences… » s’interroge Franck Zinzindohoue.
Si certains jeunes médecins craquent face à cette situation d’un genre nouveau, le chirurgien semble garder la tête froide « c’est la vie des urgences de voir des patients en réanimation » lâche l’expert. Mais il l’avoue, ce qui le surprend dans cette pandémie c’est son « caractère non-prédictible ». Un véritable yoyo : « on voit des patients dans un état critique, qui vont mieux, qui rechutent, ils sont presque sortis d’affaires et finalement ils décèdent ».
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